Quatrième élégie de Bamberg. Französisch von Zazie & Pierre Petiot. ANH, La Bête qui reste. Bamberger Elegien (128).

Nous l’avons trouvé, mais nous n’avons pas pu le retenir et nous avons échoué.
Ça a pris notre tête dans ses mains et ça l’a embrassée. C’est resté longtemps. Mais ce qu’on a passe toujours dès qu’on l’a. Ça s’enfuit pour demeurer effectif comme : ce qui était. S’il en allait autrement, ça devrait courber la tête devant le quotidien et ça se perdrait. L’amour est trop grand pour les portes basses, mon aimée, il se tord, humilié, se traîne à genoux quand on le pousse, il ravale sa fierté. Mais ne le supporte pas.

Est-ce que nous nous sommes pas rendu compte de ce que nous faisions ? Combien de fois nous sommes-nous brossé les dents ensemble, avons nous dîné sans rien dire, les attentions étouffées comme un écho dans la farine, la noire pour le pain qui nourrit, mais émousse : le pain terne, le cœur émoussé. Et nous mastiquons comme ça. La facture d’électricité, le loyer, les égards quotidiens, les courses, les désirs mis de côté comme s’ils étaient déshonorants. Les chambres sont trop exigües, nous ressentons la perte mais taisons le malheur. Car exprimer ce malheur. serait une trahison qui le susciterait et l’attirerait pense-t-on. Et soudain, nous nous retrouvons étrangers à nous mêmes et étrangers l’un à l’autre. C’est là que tu es partie.



[>>>> D o r t Zazies und Petiots französischsprachiger Text ganz.]

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